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CAMPAGNE : PLAIDOYER POUR LES TIC

Les technologies de l'information au centre d'un séminaire qui s'est achevé vendredi à Yaoundé.

Les technologies de l'information et de la communication (Tic) ont-elles un impact sur le processus de développement d'un pays comme le Cameroun ? Cette question est plusieurs fois revenue dans les échanges informels au cours du séminaire sur les technologies de l'information et de la communication qui s'est achevé vendredi dernier à l'hôtel Hilton de Yaoundé. Le thème du séminaire, "Les Tic, levier de développement, moteur de croissance des pays africains", donne une réponse affirmative. Ce que confirme la présidente du comité d'organisation, Pétra Tchapkui, pour qui: "l'objectif principal de ces assises est de permettre aux cercles de décisions en Afrique d'appréhender au mieux le potentiel considérable que représentent les Tic, ainsi que leur impact sur les processus de développement des pays africains".

En clair, il est question d'inciter les décideurs à investir pour une meilleure appropriation de ces technologies, que Jean-Marie Blanchard, expert, a présenté comme un outil de travail qui "facilite la communication et l'accès à l'information". Pour ce panéliste qui a présenté un exposé sur les stratégies à adopter pour favoriser l'émergence des Tic dans les pays d'Afrique centrale, "les applications de ces technologies telles que la télémédecine, l'enseignement à distance, les relations d'affaires, la vente des produits et le partage d'expériences vont soutenir le développement économique et social du Cameroun".
D'où la notion de valeur ajoutée à laquelle a fait allusion Jean Joseph Atangana, responsable du centre de développement des projets et de la coopération à l'Institut africain de l'informatique (Iai), représentation du Cameroun. Pour lui, le véritable enjeu est désormais de créer des contenus qui soient adaptés aux besoins des populations locales.

En fait, la situation actuelle serait peu reluisante car, selon lui, seulement 1% des contenus de la masse d'informations rendues disponibles (sur internet) par ces nouvelles technologies est produit localement. De son point de vue, l'usage le plus répandu de ces nouvelles technologies se réduit pour l'instant à l'envoi des mails.
Devant la réserve émise par certains quant à la faible marge de manoeuvre des pouvoirs publics asphyxiés par les politiques d'ajustement structurel, le représentant pour l'Afrique centrale de L'Uit, Vincent Sakanga, a suggéré une synergie entre le secteur public et privé: "Si les intervenants sont privés et l'Etat le régulateur, il lui reviendra la charge de définir la politique en intégrant dans les cahiers de charges des opérateurs privés, des clauses pour imputer à ces derniers le développement des infrastructures".
Dans les recommandations du séminaire, un appel a été lancé pour de nouvelles attitudes. Au nom du conseil exécutif de l'Unesco, dont il assure la vice présidence, Joseph Mboui a "invité les uns et les autres à plus d'investissement dans le domaine". C'était dans le discours de clôture du séminaire.

Claude Tadjon (Mutations)