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Discours du Ministre d'Etat, Ministre des Postes et Télécommunications, MAIGARI BELLO BOUBA, à l'occasion du lancement des activités de la Journée Mondiale des Télécommunications

Douala le 17 mai 2006

 

Monsieur le Gouverneur de la Province du Littoral; Monsieur le Préfet du Wouri ;

Monsieur le Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Douala ;

Mesdames, Messieurs les Directeurs Généraux ;

Honorables Invités ;

Mesdames, Messieurs.

Permettez-moi tout d'abord d'adresser mes sincères remerciements au Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Douala pour ses mots d'accueil, qui me sont allés droit au coeur.

Permettez-moi aussi de remercier, à travers le Gouverneur du Littoral, toutes les autorités administratives de la ville de Douala, pour les attentions dont moi-même et la délégation qui m'accompagne sommes l'objet depuis notre arrivée dans la capitale économique du Cameroun.

Qu'il me soit permis aussi de remercier tout spécialement les principaux acteurs du secteur d'avant-garde des Télécommunications et des Technologies de l'information et de la communication ici présents. La célébration de ce jour est votre fête ; alors, je vous dis, bonne fête.

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux de me retrouver ici aujourd'hui, dans le cadre d'une tournée que j'envisage entreprendre depuis longtemps déjà, dans les services extérieurs du Ministère des Postes et Télécommunications; département dont le Chef de l'Etat a bien voulu me confier la charge, dans son Gouvernement des Grandes Ambitions, formé, comme il vous en souvient, le 08 décembre 2004.

De toute évidence, nous avons souhaité que notre visite dans la Province du Littoral, à Douala précisément, comcide avec la Journée Mondiale des Télécommunications, dont la 141 ème édition se célèbre en ce 17 mai 2006.

Honorables Invités, Mesdames, Messieurs, 

Douala, le poumon économique du Cameroun, est par vocation, l'épicentre des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. Et ce n'est pas par hasard, si les deux opérateurs, leaders du marché des Télécommunications et des TIC au Cameroun, ont leur siège à Douala.

Douala qui, comme vous le savez, est le point d'atterrissement du câble sous-marin SAT3. Douala qui, dans les semaines qui viennent, se verra raccorder à la fibre optique posée le long du pipeline Tchad-Cameroun.

C'est dire que Douala est appelée à jouer un rôle de premier ordre, au plan national, sous-régional et africain, dans la nouvelle Civilisation qui est entrain de voir le jour sous nos yeux, et que l'on désigne sous le terme générique de « Société de l'Information ».

La Société de l'Information, encore appelée Société de la Connaissance , se constitue progressivement, à partir du développement de l'Internet, système global qui relie des systèmes informatiques ainsi que des réseaux d'ordinateurs. Système grâce auquel l'on peut aujourd'hui transmettre la voix, l'image, les données, et que sais-je encore, d'un bout à l'autre de l'Univers, en un clin d'oeil.

Nous devons nous approprier ce Système, comme le prescrit sans ambages le Chef de l'Etat, le 03 novembre 2004 au lendemain de son élection pour un nouveau septennat en déclarant (je le cite): « Notre pays a besoin d'un accès généralisé à l'Internet» (fin de citation).

Mesdames et Messieurs les Opérateurs économiques du Secteur des Télécommunications,

Mesdames et Messieurs,

En cette journée du 17 mai 2006, je souhaite que nous marquions un temps d'arrêt pour réfléchir sur les voies et moyens de faire en sorte que le Cameroun accède massivement à l'Internet.

Quelques chiffres et quelques données méritent d'être ici rappelés, sur le téléphone et sur l'Internet.

- S'agissant du téléphone, notre pays dispose présentement de cent vingt mille (120 000) lignes fixes et d'un peu plus de deux millions (2000.000) de lignes mobiles.

- S'agissant de l'Internet, le taux d'utilisateurs de l'Internet au Cameroun est de 0,16% seulement, la moyenne en Afrique Subsaharienne étant de 0,7%.

Ces quelques données parlent d'elles-mêmes. Si elles laissent clairement voir que notre pays le Cameroun, doit massivement investir dans les Télécommunications et les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication , elles montrent aussi que nous entrons à grands pas dans la Société de l'Information. Souvenons- nous, il y a cinq ans, à peine cinq mille (5000) Camerounais disposaient d'un téléphone mobile.

La Société de l'information à la porte de laquelle nous frappons n'est pas sans dangers et sans menaces; d'où le thème retenu cette année pour la célébration de la Journée mondiale des Télécommunications à savoir : Promouvoir une cybersécurité mondiale.

Mesdames et Messieurs,

Avec l'accroissement de notre dépendance vis-à-vis des réseaux de communication électroniques, la sécurité devient un enjeu majeur. Le développement vertigineux de l'usage de l'Infrastructure des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) accroît la dépendance des individus et des organisations à l'égard de l'information stockée et transmise au moyen des systèmes des TIC.

Par conséquent, il est nécessaire de mettre en place des mesures de sécurité efficaces pour préserver les systèmes et les infrastructures, pour restaurer la confiance dans les divers types d'activités en ligne comme le commerce électronique, la banque en ligne, la télémédecine, la gouvernance électronique.

La déclaration de principe issue de la première phase du Sommet Mondial sur la Société de l'Information tenue à Genève en décembre 2003 a insisté sur l'encouragement d'une culture globale de la cybersécurité par le renforcement du climat de confiance, notamment grâce à la sécurité de l'information et à la sécurité des réseaux, aux procédures d'authentification et à la protection de la vie privée et du consommateur. Il s'agit là d'un préalable au développement de la société de l'information et à l'établissement de la confiance parmi les utilisateurs des TIC. Cette vision a été confirmée au cours de la deuxième phase du Sommet qui s'est tenue à Tunis en novembre 2005.

Dans un monde dont les différents éléments sont de plus en plus interdépendants et reliés en réseaux, il est devenu impératif de mettre les systèmes et les infrastructures essentiels à l'abri des attaques des cybercriminels et, parallèlement, de montrer que les transactions effectuées en ligne sont sûres afin de promouvoir toutes les applications du cyberespace. Qu'il s'agisse du commerce électronique, de la banque en ligne, ni l'identité du client ni celle du fournisseur ne doivent être imitées, et le client doit être sûr qu'il ne court aucun risque en tapant sur un clavier le numéro de sa carte de crédit ou son code secret. La confidentialité et la fluidité des réseaux doivent être garanties pour permettre le développement de la télémédecine, du télé-enseignement, du télétravail et de l'administration électronique.

Mesdames, Messieurs,

Conscient de sa responsabilité qui repose sur la mise à disposition d'une infrastructure des TIC solide, fiable et sécurisée, le Gouvernement s'est doté d'une vision stratégique des Télécommunications et TIC dont l'un des axes repose sur la définition d'un cadre légal et réglementaire propice à un meilleur exercice de la cybersécurité. Nous citerons à cet effet comme action concrète, le projet de décret fixant les conditions de fourniture, d'exportation, d'importation ou d'utilisation des moyens ou prestation de cryptologie, qui devra s'intégrer comme texte d'application d'une loi plus large sur l'information numérique au Cameroun.

Sur le plan technique et infrastructurel, notre pays a mis en place dans le cadre de la phase pilote du projet e-government, une Infrastructure à Clé Publique (PKI), avec le concours de l'Union Internationale des Télécommunications sur financement de l'Union Européenne. Cette infrastructure est une plate forme d'échange électronique qui, à travers l'authentification, la confidentialité et l'intégrité, garantit la sécurité des informations échangées.

Notre pays pourra s'appuyer sur cette infrastructure pour développer les e-services et les e-applications dans tous les secteurs de l'activité nationale: administratif, médical, éducationnel, agricole, commercial, bancaire, artisanal en toute sécurité.

Mesdames, Messieurs,

Le système PKI est actuellement en cours de rodage au sein du Ministère des Postes et Télécommunications et pourra répondre aux besoins des autres Administrations d'ici fin 2006. Il me plaît alors de remercier l'Union Internationale des Télécommunications et l'Union Européenne pour leurs contributions à la réalisation de cet important outil de sécurisation des transactions numériques, qui est la première réponse du Gouvernement au défi majeur qu'est la cybersécurité.

Je sais que les opérateurs, publics et privés, sont tous mobilisés sur ce chantier essentiel. J'en appelle toutefois, à la mutualisation de vos efforts car, dans un tel chantier, c'est ceux qui font équipe qui gagnent.

Je ne saurais conclure mon propos en cette belle occasion, sans lancer un vibrant appel à tous les acteurs du secteur, notamment à l'Agence de Régulation des Télécommunications (ART), à l'opérateur historique du téléphone CAMTEL, aux opérateurs mobiles ORANGE et MTNC, aux ISP, regroupés au sein du CONESTEL et à tous les autres sans exclusive, de se mobilier dans même élan, pour bâtir une infrastructure des Télécommunications solide et sécurisée, garante de l'entrée de plain pied du Cameroun dans la société de l'information.

Vive la coopération internationale

Et vive le Cameroun.